Les grandes classiques du cyclisme

Liège-Bastogne-Liège : la « Doyenne » des classiques monuments a été fondée en 1892

Liège-Bastogne-LiègeDisputée à la fin du mois d’avril, Liège-Bastogne-Liège est la figure de proue des classiques dites « ardennaises » et fait partie des courses les plus appréciées des amateurs de cyclisme. Son grand âge lui confère le surnom de « Doyenne » et lui permet également d’être répertoriée comme classique monument, la plus prestigieuse des catégories, aux côtés de Paris-Roubaix notamment. Comme son nom l’indique, le parcours trace une boucle qui débute et se termine à Liège en Belgique en passant par la ville de Bastogne située à la frontière luxembourgeoise.

Le parcours de Liège-Bastogne-LiègeLa toute première édition fut organisée en 1892, d’ailleurs en tant que Spa-Bastogne-Spa, avant que la ville de Liège ne serve définitivement de point de départ et d’arrivée à partir de 1908. Au fil de son histoire, la doyenne des classiques s’est imposée petit à petit dans la hiérarchie des courses cyclistes, magnifiée par son  parcours qui traverse de véritables paysages de carte postale. La Belgique est une terre de vélo et logiquement le palmarès de Liège-Bastogne-Liège est dominé, voir écrasé par les coureurs belges, surtout dans la première moitié de son histoire.

Comme une évidence, Eddy Merckx détient le record de l’épreuve avec 5 victoires (il est également le coureur le plus titré sur Milan-San-Remo). En effet, même s’il est difficile d’attribuer un profil type au « cannibale », tant il a gagné sur tous les terrains, le tracé de Liège-Bastogne-Liège s’avère paradoxalement assez exigeant. Le plat pays dispose tout de même de quelques bosses particulièrement « casse-pattes » qui jonchent les 250 kms de l’épreuve. Ainsi les coureurs de type « puncheurs » sont avantagés notamment dans le final au moment d’affronter la côte de Saint Nicolas située seulement à 6 kms de l’arrivée.

Aujourd’hui, Liège-Bastogne-Liège est organisée par la société ASO qui détient également les commandes du Tour de France. En tant que classique monument, la Doyenne figure naturellement au calendrier de l’UCI World Tour c’est à dire le circuit professionnel le plus important.

Liège-Bastogne-Liège : une renommée acquise au fil du temps

Liège-Bastogne-Liège en 1908Comme souvent dans les grandes classiques, la genèse de la course provient d’un journal (en l’occurrence « L’Expresse ») qui cherche à se promouvoir et a accroître ses ventes. Ainsi, la premier départ fut donné en 1892, dans un relatif anonymat avec pour objectif  de servir de terrain expérimental à un futur Liège-Paris-Liège qui finalement n’aura jamais lieu.

3 éditions de Spa-Bastogne-Spa furent disputées avant que l’épreuve ne soit déprogrammée, faute de succès. Après 12 ans d’interruption, une nouvelle course fut organisée en 1908 mais avec un départ et une arrivée à Liège. Peut être la victoire du français André Trousselier (photo de droite) a-t-elle permis à Liège-Bastogne-Liège de trouver un écho plus international, toujours est il que depuis cette édition la réussite de la « Doyenne » ne fera que grandir.

Après une nouvelle interruption durant la 1ère guerre mondiale, la course reprend en 1919 et attire de plus en plus de coureurs des Flandres, autre grande terre de cyclisme, ce qui contribue à son essor. A partir de 1951, Liège-Bastogne-Liège est programmée au Challenge Desgrange-Colombo qui est en quelque sorte l’ancêtre du World Tour et assoit définitivement sa place parmi les plus grandes courses internationales.

Parmi les éditions qui ont forgé la légende de la Doyenne, les 2 victoires de Bernard Hinault en 1977 et 1980 tiennent une place de choix, en raison des conditions météo dantesques, avec d’importantes chutes de neige et des températures si froides que seuls 21 coureurs parvinrent à rallier l’arrivée. Le « blaireau » en conservera d’ailleurs les séquelles toute sa carrière avec de sévères engelures sur les doigts.

La « Doyenne » : Une course de fer dans un décor de velours

Si Liège-Bastogne-Liège est devenue l’une ds 5 classiques monument, elle le doit à son parcours, considéré comme l’un des plus durs de la saison. D’abord de part  sa longueur qui oscille entre 250 et 260 kms selon les éditions, mais surtout en raison d’incessantes montées certes courtes mais très abruptes. Ainsi, chaque année, les coureurs doivent affronter pas moins d’une douzaine d’ascensions, parmi lesquelles la cote de la Redoute qui contient des passages à plus de 20%.

Un parcours magnifique sur Liège-Bastogne-LiègeLe parcours de la Doyenne se dessine au nord est de la Région Wallone et emprunte les routes de 2 provinces bien différentes sur le plan géographique. A l’aller, le peloton prend le départ du centre ville de Liège et descend sur 95 kms vers le sud jusqu’à Bastogne. La route est alors relativement plate. Le retour est en revanche bien plus ardu. Les coureurs serpentent alors au fil du panorama vallonné de la province du Luxembourg située en plein cœur du massif des Ardennes, tout au long des 160 kms qui les mènent à Ans, dans la banlieue de Liège où est jugée l’arrivée.

Parmi les nombreuses difficultés de la course, 2 montées tiennent une place particulièrement importante. D’abord, le Col de la redoute à 36 kms de l’arrivée propose une pente très raide de 9% en moyenne durant 2 kms. Il a souvent servi de tremplin pour lancer une échappée avant le final. Puis, la cote de Saint Nicolas, à seulement 6,5 kms de la ligne d’arrivée. Moins longue mais toute aussi pentue, elle constitue la dernière opportunité d’attaque du parcours .

En plus de devoir gérer les multiples ascensions, les coureurs sont également soumis à une météo aussi imprévisible qu’épouvantable. En effet, il n’est pas rare de voir la neige tomber sur la Région Wallone au cours du mois d’avril, comme lors de l’édition de 1980 qui demeure l’une courses les plus mythiques du cyclisme.

Une classique réservée aux fondisti 

Philippe Gilbert triomphe sur Liège-Bastogne-LiégeSi le palmarès de Liège-Bastogne-Liège est archi dominé par les coureurs de nationalité belge jusqu’à la fin des années 70, cette hégémonie tend à disparaître dans le cyclisme moderne pour laisser la place à un profil de coureur très particulier, qualifié de « fondisti » par le quadruple vainqueur de l’épreuve, l’italien Mauro Argentin (1985,1986,1987,1991).

Un fondisti est un cycliste qui possède à la fois patience et niveau d’endurance supérieur. Liège-Bastogne-Liège est une course d’élimination et il est très rare qu’une échappée dicte le déroulement de l’épreuve avant les 100 derniers kilomètres.

Ainsi, il n’est pas étonnant de constater que les vainqueurs de Liège Bastogne-Liège sont fréquemment des coureurs capables de jouer le classement général des grands tours, à l’image de Jacques Anquetil (1966), Bernard Hinault bien sûr, ou le luxembourgeois Andy Schleck (2009). Le plus emblématique d’entre eux demeure naturellement Eddy Merckx, véritable icône du cyclisme belge et auteur de 5 victoires et 2 podiums entre 1967 et 1975.

Le dernier coureur Belge titré sur Liège-Bastogne-Liège est Philippe Gilbert en 2011 (photo ci-dessus), grand spécialiste des courses classiques et numéro 1 mondial au classement UCI cette année là.