Les grandes classiques du cyclisme

Paris-Roubaix : surnommée la dure des dures, elle fait vivre un véritable enfer aux coureurs du peloton

La classique monument Paris-Roubaix

Depuis 120 ans, Paris-Roubaix, monument du cyclisme surnommé « l’enfer du nord », demeure pour le peloton l’une des courses les plus convoitées mais aussi redoutées. La « reine des classiques » a lieu chaque année en mars ou en avril au départ de Compiègne, comme son nom ne l’indique pas, et joint la ville de Roubaix, situé dans le département du Nord, où se juge l’arrivée au sein du vélodrome.

Depuis sa création en 1896, Paris-Roubaix  se caractérise par ses secteurs pavés qui martyrisent les coureurs et ont forgé la légende de cette course unique dans le calendrier international. « C’est une connerie » a déclaré Bernard Hinault à peine franchi la ligne d’arrivée lors de sa victoire en 1981, tant la douleur se mêle à la gloire après une telle épreuve.

En raison de la progression des routes goudronnées tout au long du XXème siécle, un nouveau parcours à dû être élaboré en 1966. Depuis, la course est longue de 254 kms et comporte 27 secteurs pavés dont la célèbre Trouée d’Arenberg qui a bien failli coûter sa jambe à Johann Museeuw, multiple vainqueur de l’épreuve, lors d’une chute en 1998, parmi les plus terrifiantes de l’histoire de cette course mythique.

Paris-Roubaix appartient aujourd’hui au calendrier de l’UCI world tour , et fait partie des 5 classiques monuments les plus prestigieuses au monde. Son vainqueur est récompensé chaque année par un authentique pavé en guise de trophée.

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L’une des plus ancienne course cycliste répertoriée

Ancien parcours de Paris-RoubaixLa première édition de la dure des dures a eu lieu en 1896, suite à l’édification du vélodrome de la ville de Roubaix. Au départ, elle ne devait servir que de course « d’entraînement » aux épreuves phares de l’époque, Paris-Brest et Bordeaux-Paris car la distance du parcours entre Paris et Roubaix n’était évalué qu’à 280 kms, ce qui pour l’époque était très peu.

51 coureurs prirent le départ en 1896 dont l’allemand, Josef Fischer premier vainqueur après 9h d’effort. Le palmarès des années d’avant guerre est dominé par les coureurs français, notamment Maurice Garin (vainqueur également du premier tour de France en 1903) et Octave Lapize, triple vainqueur de l’épreuve, et mort au combat au cours de la 1ère guerre mondiale.

Le surnom de « L’enfer du nord » provient de la reprise de la course après guerre, en 1919 face à la désolation du paysage dévasté de la fin du parcours, jonché d’éclats d’obus. L’entre deux guerres est également marqué par l’internationalisation de la course avec l’arrivée des italiens et surtout le palmarès dominé par les coureurs belges comme Gaston Rebry, trois fois vainqueur.

Après une interruption de plusieurs années en raison de la seconde guerre mondiale, du moins dans sa forme habituelle, Paris-Roubaix reprend à la Libération. En 1946, un nouveau journal, « l’Equipe » prend la direction de la course.

Un parcours qui fait la gloire et la douleur

Le parcours de Paris-Roubaix évolue chaque annéeAntoine blondin, écrivain et journaliste qui fut parmi les plus belles plumes du cyclisme dit à propos de Paris-Roubaix :« Une course qui parle d’abord de douleur« .  Les 100 premiers kms ne sont qu’une entrée en matière pour ce qui constitue l’identité du Paris-Roubaix, les secteurs pavés.

Le nombre de ces fameux secteurs varie d’une année sur l’autre en fonction du tracé, mais les coureurs empruntent plus de 25 tronçons pavés au cours de chaque édition, pour une distance d’environ 50 kms où s’enchaînent les crevaisons, les glissades, les chutes (cliquez sur la photo de droite pour faire apparaître l’ensemble du parcours de l’édition 2012, qui contenait plus de 50 kms de pavés).

Le parcours de Paris-RoubaixL’approche d’un secteur pavé est une lutte. Plus un coureur est à l’arrière du peloton au début du secteur, plus les risques de chutes ou de se retrouver dans une cassure le rende nerveux. De plus, les secteurs pavés sont tellement étroits qu’il est presque impossible de doubler. Une véritable guerre s’engage alors au sein du peloton, parfois 15 kms avant un endroit stratégique pour se placer.

«  C’est une saloperie, cette course ! On roule comme des bêtes, on n’a pas le temps de pisser, on le fait dans sa culotte… On roule dans la boue, on glisse… C’est de la grosse merde.  » répond Theo De Rooij à la télévision à l’arrivée en 1985, le journaliste poursuit «  vous reviendrez ? »  » Bien sûr, c’est la plus belle course du monde ! « 

 

3 principales difficultés du Paris-Roubaix classifiées 5 étoiles, soit le plus haut niveau :

  • La trouée d’Arenberg : Segment numéro 18, Il s’agit du secteur le plus difficile de la course. Découverte en 1968 par Jean Stablinski, la trouée d’Arenberg est longue de 2400 mètres. La route se rétrécit à l’entrée du secteur avant une longue ligne droite en faux plat descendant. Le peloton déboule le plus souvent à 60 km/h dans la trouée. La trouée d’Arenberg possède également les pavés les plus irréguliers du parcours (voir la photo ci-dessous)
  • Mons-en-Pévèle : Long de 3000 mètres il se situe pendant les 50 derniers kms de course. Ces 2 facteurs font de ce secteur l’un des endroits les plus stratégique.
  • Le carrefour de l’arbre : Situé à moins de 15 kms de Roubaix,  ce secteur long de 2100 mètres est le plus souvent la dernière grande difficulté de l’épreuve. Très souvent le coureur qui est sort en tête a toutes les chances de remporter la victoire.
La trouée d'Arenberg

Paris-Roubaix est une course pour les nerfs où pour gagner il faut d’abord ne pas perdre. Le moindre moment de relâchement, un pavé plus glissant, et le coureur se retrouve au sol.

Selon Alain Peiper, patron de l’équipe Garmin les coureurs doivent conserver un haut niveau de tension : « S’ils n’ont pas peur, c’est qu’ils ne sont pas prêts. Ils doivent avoir peur, être tendus. Certes, la tension fatigue, mais il faut être malgré tout sur les nerfs pour être conscient ce qui se passe et réactif. Il faut avoir tous ses sens en éveil. Ne pas être effrayé mais très prudent, du début à la fin. »

Des champions de légende et des spécialistes

La légende de Paris-Roubaix a été écrite par d’immenses champions du cyclisme, mais cette course est avant tout une affaire de spécialiste.Eddy Mercx gagne Paris-Roubaix
La dure des dures est une course est de prestige, et son palmarès a été marqué par les victoires des plus grands champions de leur époque. Deux quintuples vainqueurs du tour de France ont également remporté Paris-Roubaix, Eddy Mercx (photo ci-dessus) en 1968, 1970 et 1973 et Bernard Hinault vainqueur en 1981. Le grand Fausto Coppi figure lui au palmarès de l’épreuve en 1950 ainsi que Louison Bobet en 1956.

Tom Boonen quadruple vainqueur de Paris-Roubaix

Mais au vu de sa singularité, Paris-Roubaix reste une épreuve majoritairement gagnée par les coureurs spécialistes. En effet, à l’instar de Milan-San-Remo, classique réservée aux sprinteurs, il existe un profil « type » de vainqueur de Paris-Roubaix. Celui-ci doit être grand et fort afin de développer suffisamment de puissance pour  maintenir une vitesse supérieure à 40kms/h tout en résistant aux difficultés du parcours. Une parfaite maîtrise de la stratégie de course, notamment au niveau des secteurs pavés est également essentielle pour gagner l’enfer du nord.

Ainsi, les belges détiennent le plus grand nombre de victoires avec notamment les deux coureurs co-recordmen de la course avec 4 succès chacun, Roger De Vlaeminck (1972, 1974, 1975, et 1977) et Tom Boonen (2005, 2008, 2009 et 2012).

Visitez cette page afin de consulter le palmarès complet du Paris-Roubaix, vous retrouverez dans cette liste d’autres coureurs comme les français Marc Madiot (vainqueur en 1985) et Gilbert Duclos-Lassalle (Vainqueur en 1992 et 1993).