Les grandes classiques du cyclisme

Bretagne Classic Ouest-France, Gand Wevelgem, La Flèche Wallonne : 3 grandes classiques du cyclisme

Outre les 5 classiques dites « monuments », la saison cycliste comporte d’autres grandes courses classiques toutes aussi prestigieuses et populaires. La différence réside dans l’ancienneté des épreuves car seules les plus vieilles courses appartiennent à la catégorie des monuments.

Ainsi, voici la présentation de 3 des plus grandes courses de la catégorie inférieure. D’abord le Grand Prix de Plouay, nouvellement appelé Bretagne Classic Ouest-France en raison de son changement de parcours. Ensuite, Gand-Wevelgem, course belge à travers les secteurs pavés des Flandres et qui à l’image de Milan-San-Remo revient le plus souvent aux sprinteurs. Enfin La Flèche Wallonne qui a permis aux plus grands champions de s’exprimer pleinement à la faveur d’un redoutable parcours dans les Ardennes.

Cette sélection n’a pas vocation à être exhaustive, mais ces 3 grandes courses classiques proposent chacune un profil de parcours bien spécifique et sont souvent remportées par un certain type de coureurs. D’ailleurs leur palmarès respectifs ne récompensent pas en général les mêmes hommes si ce n’est Eddy Merckx qui a tout gagné au cours de sa carrière.

La Bretagne Classic Ouest-France, ex Grand prix de Plouay

Le Bretagne Classic ancien Grand prix de PlouayLe Grand prix de Plouay figure parmi les courses cyclistes françaises d’un jour les plus importantes. Depuis sa création en 1931, 80 éditions de l’épreuve ont été disputées sur le célèbre circuit de la commune bretonne située prés de Lorient dans le département du Morbihan.

La course a lieu chaque année, fin août, début septembre et appartient donc à la catégorie des classiques dites « d’été ». Cette épreuve possède une particularité rare, lorsque l’on parle d’événements sportif de premier plan, c’est d’être organisée par le comité des fêtes de Plouay, appuyé par une équipe d’environ 600 bénévoles.Le magnifique parcours du Grand Prix de Plouay

Considérée jusqu’en 2015 comme la plus grande course sur circuit du cyclisme international, le Grand Prix de Plouay a entamé une véritable révolution depuis l’année 2016. En effet, chaperonnée depuis de nombreuses années par un grand quotidien de presse, la course bretonne s’appelle à présent la Bretagne Classic Ouest-France. Dans le même temps, le parcours de la classique a évolué d’un tracé sur circuit, à celui d’une course en ligne qui arpente tout le centre Bretagne, passant par le Finistère et les Côtes d’Armor.

Le tout nouveau parcours de la classique morbihannaise a été étrenné le 28 août 2016. Longue de 232 kms, la Bretagne Classic Ouest-France permet aux coureurs d’emprunter de belles bosses qui jonchent à présent un tracé vallonné lorsque la course traverse les monts d’Arrée. 

Inscrite au calendrier du ProTour depuis l’année 2005, la classique constitue le point d’orgue d’un long week-end de 4 jours au sein duquel figurent de nombreuses épreuves cyclistes dont une manche de la Coupe du monde féminine. La région Bretagne est une véritable « terre de vélo » qui permet à la course de connaitre tous les ans un franc succès populaire avec pas moins de 300.000 personnes déjà dénombrées sur les bords de la route.

Grand prix de Plouay, Bretagne ClassicComme pour toutes les classiques du cyclisme, le palmarès de la Bretagne Classic Ouest-France a connu un changement radical dans les années 90, avec l’avènement du cyclisme moderne. En effet, depuis sa création jusqu’au début des années 90, le Grand prix de Plouay a été gagné presque exclusivement par des coureurs français si ce n’est locaux.

De grands noms du cyclisme ont depuis accroché Plouay à leur palmarès, notamment des coureurs de type « puissant » en raison de la configuration en circuit de la course jusqu’en 2015. Parmi eux, l’ex numéro 1 mondial Michele Bartoli en 2000, le vainqueur du tour de France Vicenzo Nibali en 2006, ou encore le norvégien Alexander Kristoff (2015), multiple vainqueur de courses classiques.

Le très populaire Thomas Voeckler fait également partie des coureurs qui ont gagné l’épreuve (2007). Le dernier français titré est Sylvain Chavanel en 2014 (photo ci-dessus) vainqueur du Grand Prix de Plouay sur la fin de sa carrière et qui constitue pour lui qui a souvent déçu, sur le Tour notamment, un véritable baroud d’honneur.

Gand-Wevelgem : l’autre classique flandrienne

La course classique Gand-WevelgemComme son appellation originale, Gent-Wevelgem in Flanders Fields l’indique, la course appartient à la catégorie des classiques flandrienne en compagnie notamment des monument Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. Chaque année, l’événement précède d’ailleurs  ses célèbres consœurs de quelques jours en étant disputé à la fin du mois de mars.

L’épreuve a été organisée pour la première fois en 1934, ce qui porte à 78 le nombre total d’éditions courues. Elle figure à présent au calendrier du World Tour depuis sa création en 2005.

Bien que son départ ainsi que son arrivée aient lieu sur le sol belge, Gand-Wevelgem possède la particularité d’avoir un tracé qui selon les éditions se trouve à cheval entre la France et la Belgique. Presque chaque année, la course emprunte le Mont Kemmel, une côte très dure (4,4% sur 2,5 kms), bien souvent grimpée plusieurs fois durant l’épreuve et à la réputation dangereuse en raison de sa chaussée pavée, typique des classiques flandriennes. Parcours de Gand-Wevelgem

Cependant, bien que les difficultés soient réelles tout au long des 243 kms du parcours de Gand-Wevelgem,  elles ne sont pas assez nombreuses pour creuser de véritables écarts. Par conséquent, les sprinteurs sont bien souvent titrés surtout lorsqu’ils possèdent en plus certaines qualités dites de « puncheurs », ce qui est le cas d’un bon nombre de sprinteur au profil polyvalent.

Peter Sagan vainquer de Gand-WevelgemAinsi, au cours des 20 dernières années le palmarès de Gand-Wevelgem a littéralement été trusté par cet archétype de coureur. Parmi eux les belges Tom Steels (1996,1999), Franck Vandenbrouke (1998) et le co-recordman de l’épreuve Tom Boonen vainqueur à trois reprises en 2004, 2001 et 2012. Tout récemment, le fantasque et intrépide Peter Sagan (photo de droite) semble avoir mis la main sur la classique avec déjà 2 victoires en 2013 et 2016.

Par le passé, les coureurs belges ont naturellement tenu le haut du pavé au palmarès de Gand-Wevelgem avant que la course ne s’internationalise au fil du temps. Mais il est à noter que la classique flandrienne a également sourit aux légendes du cyclisme avec les victoires de Jacques Anquetil (1964), Bernard Hinault (1977) et bien sur celles d’Eddy Merkx puisque « le cannibal » détient également le record de l’épreuve avec 3 titres en 1967, 1970, et 1973.

La Flêche Wallonne : la classique des Puncheurs !

La Flèche Wallonne, classique ardennaise

Catégorisée dans les classiques dites « Ardennaises » avec l’Amstel Gold Race et le monument Liège-Bastogne-Liège, La flèche Wallonne est une course disputée en Belgique au cœur de la région Wallonne. L’épreuve a lieu au printemps au cours de la seconde partie du mois d’avril, nichée précisément le mercredi entre ses 2 consœurs ardennaises.

Le tracé de la Flèche WallonneL’histoire de La flèche Wallonne a débuté en 1936, sous la houlette du journal « Les Sports » et se poursuit aujourd’hui au sein du circuit pro UCI World Tour, qui regroupe les courses les plus importantes du cyclisme moderne.

Le caractère ardennais de La Flèche Wallonne s’apprécie au travers de son parcours, vallonné comme son nom l’indique, et qui comporte donc une foultitude d’ascensions souvent très raides et très courtes. Les coureurs sont amenés à effectuer une quinzaine de montées au total selon les éditions, tout au long des 200 kms du tracé qui varie légèrement d’une année sur l’autre.

Chaque année le parcours emprunte 3 fois le célèbre Mur de Huy qui constitue le point d’orgue de la course et sert toujours de juge de paix. Les 2 premières ascensions sont le plus souvent « escamotées » par les coureurs car trop loin du final de la course. En revanche, la ligne d’arrivée intervient à l’issue de la 3ème montée. Bien que l’ascension ne dure qu’1,2 km, elle oblige dans ses virages les plus difficiles, les coureurs du peloton à se mesurer à des pentes extraordinaires qui dépassent les 20%.

Par conséquent, les sprinteurs se retrouvent démunis dans le dernier kilomètre, et la victoire est presque toujours promise à un puncheur, capable de soutenir un effort maximal depuis le début du mur jusqu’à la ligne d’arrivée.

Palmarès de La Flèche Wallonne Le palmarès de La Flèche Wallonne reflète bien souvent la domination des plus grands coureurs sur leur sport. Beaucoup de grands champions ont remporté l’épreuve, parmi eux Fausto Coppi, le belge Roger De Vlaeminck ou les français Raymond Poulidor, Bernard Hinault et Laurent Fignon. Comme toujours, il est presque impossible de trouver un palmarès de classique du cyclisme qui ne contient pas le nom d’Eddy Merckx, La Flèche Wallonne n’échappe pas à la règle avec 3 victoires du cannibal en 1967,1970 et 1972.

Depuis les années 90, La Flèche Wallonne est d’avantage gagnée par les puncheurs ultra offensifs que par les vainqueurs des grands tours. 2 coureurs représentent parfaitement ce profil, le français Laurent Jalabert (1995, 1997) et surtout l’espagnol Alejandro Valverde (photo de droite), dernier vainqueur en date et recordman de l’épreuve avec 4 victoires en 2006, 2014, 2015 et 2016.