Les grandes classiques du cyclisme

Le Tour des Flandres : un monument du cyclisme taillé pour les purs spécialistes des classiques

Une des 5 classiques monument : le Tour des Flandres

Le Tour des Flandres ou « De Ronde » qui signifie « le tour » en néerlandais, appartient à la catégorie reine des classiques dites « monument » en compagnie de Liège-Bastogne-Liège ou du Tour de Lombardie par exemple. La course a lieu chaque année vers la fin du mois d’avril et emmène le peloton des plaines flamandes jusqu’à aux routes vallonnées des Ardennes.

La première édition date de 1913, mais le succès de la course prend forme à partir des années 30. Durant plusieurs décennies le Tour des Flandres sera entouré d’une forte connotation politique, symbole du nationalisme flamand et opposé à Liége-Bastogne-Liège, la course Wallone. Depuis les années 70 cet aspect a progressivement disparu et la classique n’est plus aujourd’hui que le centre d’intérêts sportifs.

Le Tour des Flandres emprunte les routes flamandesComme Paris-Roubaix, le Tour des Flandres possède la particularité d’emprunter des secteurs pavés même s’ils sont biens moins exigeants que ceux présents sur la « Dure des dures ». Le Ronde n’en demeure pas moins une classique extrêmement éprouvante, avec un parcours long d’environ 255 kms selon les éditions, et qui oblige les coureurs à effectuer de nombreuses ascensions dans la partie finale.

Course à la fois tactique dans la mesure où il existe de nombreuses possibilités d’attaque et aléatoire de part l’étroitesse de la chaussée des difficultés qui jonchent son parcours, le Tour des Flandres requiert également des qualités d’endurance et de résistance dans sa partie plane mais aussi des capacités de puissance et de vivacité en raison de la violence de ses pentes.

Ces caractéristiques différentes pour ne pas dire contradictoires gênent le profilage d’un vainqueur type du Tour des Flandres, si ce n’est les spécialistes des courses classiques qui s’entraînent pour atteindre leur pic de forme durant cette période. D’ailleurs aucun champion n’est jamais parvenu à remporter l’épreuve plus de 3 fois dans sa carrière.

De Ronde fut d’abord la course des flamands

Achille Buysse triple vainqueur du Tour des FlandresA l’image de presque toutes les grandes courses cyclistes, Le Tour des Flandres doit sa naissance à un journal sportif, en l’occurrence SportWereld, soucieux de promouvoir ses ventes. Ainsi le 25 mai 1913, une poignée de coureurs prirent le départ de la ville de Gand pour effectuer une boucle de 330 kilomètres à travers la Flandre et revenir après 12 heures d’effort. Le Ronde n’a connu qu’un succès mitigé au cours de ses débuts et a été interrompu au moment de la 1ère guerre mondiale.  Il fallut attendre les années 30 pour voir se développer autour de la course une véritable liesse populaire. D’ailleurs les classiques ardennaises se sont toutes développées au cours de cette période.

Toutefois, la plupart des courses cycliste ont été interrompues au moment de la seconde guerre mondiale (du moins celles disputées sur un territoire en guerre).  Le Tour des Flandres a  été maintenu sur un sol pourtant occupé par les allemands en raison de ses accointances avec le nationalisme flamand, lui même en lien avec les nazis. D’ailleurs les soldats allemands ont participé concrètement à l’organisation de la course durant les années d’occupation.

Au cours des années suivantes , le Tour des Flandres est devenu un symbole du clivage entre wallons et flamands. Avec 3 victoires Achille Buysse (photo de droite) est le coureur flamand emblématique de cette période. Un journal néerlandophone de gauche, le Het Volk a même lancé une grande course cycliste sur les routes flamandes (devenue aujourd’hui le Circuit Het Nieuwsblad) pour tenter de concurrencer le Ronde mais sans parvenir a atteindre l’immense succès du Tour des Flandres.

Depuis, l’internationalisation et la professionnalisation des grandes courses cyclistes ont peu à peu atténué l’aspect cocardier de la course et le Tour des Flandres est à présent une épreuve trop importante sur les plans sportifs et financiers  pour être cantonnée à la situation intérieur belge.

Le Tour des Flandres : un parcours versatile

La plupart des monuments du cyclisme doivent la majeure partie de leur succès à leurs parcours. Le Tour des Flandres ne déroge pas à la règle et constitue une course particulièrement éprouvante pour les organismes des coureurs.

Bien que son tracé évolue régulièrement, le Ronde traverse systématiquement les provinces de Flandre occidentale et Flandre orientale. Plusieurs villes ont donné le départ de la course comme Bruges, Saint Nicolas ou Gand (l’édition 2017 partira d’Anvers), idem pour les arrivées  jugées d’abord à Gand puis Meerbeke (tout proche de Bruxelles) ou Audenarde.

Les pentes raides du Tour des FlandresAprès un une partie plutôt tranquille le long des plaines, la singularité de ce ce  parcours réside dans le fait de proposer au peloton à la fois des secteurs pavés, énergivores et qui requièrent une certaine puissance (voir Paris-Roubaix) et des montées abruptes avec des pourcentages de cotes dépassant parfois les 20%. Certaines parties du parcours combinent même ces 2 phénomènes comme le « Mur de Grammont » ou le « Paterberg » (photo à droite).

Selon les années, environ une quinzaine de montées sont proposées aux coureurs notamment dans la seconde partie du parcours. Ces ascensions sont typiques des Ardennes, c’est à dire courtes (jusqu’à 2.2 kms au maximum) mais très pentues. De plus, le rapprochement de ces difficultés oblige les coureurs à effectuer un véritable enchaînement de  montées qui a maintes fois produit des phénomènes de galère et de découragement au sein du peloton et qui contribuent a alimenter la légende de la course.

Le Tour des Flandres est l’apanage des coureurs de classiques

http://velotours.fr/wp-content/uploads/2016/10/Tour-flandres-Tom-Boonen-85.jpgPour les raisons détaillées auparavant, le Tour des Flandres est d’abord une affaire de spécialiste des courses classiques. En effet, à l’exception d’Eddy Merckx qui décidément a tout gagner durant sa carrière, les vainqueurs des grands tours ne sont pas en réussite sur cette épreuve.

Plus qu’un type de cycliste, la diversité des efforts à consentir pour s’imposer sur le Ronde tente à prouver que pour remporter le Tour des Flandres un coureur doit en faire un objectif prioritaire et donc calibrer sa préparation en conséquence. Ainsi les coureurs  dits de classiques trustent la majorité du palmarès de l’épreuve.

Parmi eux on retrouve différents profils de cycliste, comme le sprinteur Tom Boonen (3 fois vainqueurs en 2005, 2006 et 2012 en photo à gauche), le rouleur spécialiste du contre la montre Fabian Cancelara (également 3 titres en 2010, 2013 et 2014)  ou Johan Museeuw, l’un des tous meilleurs spécialistes de classiques du cyclisme moderne (triple vainqueur en 1993, 1995 et 1998).

De courageux baroudeurs peuvent également tirer leur épingle du jeu s’ils prennent le risque de partir de loin au regard du caractère inattendu que prend parfois le Tour des Flandres  en raison de l’état de la chaussée ou de météo capricieuse. Le dernier vainqueur français, Jacky Durand en 1992, appartient d’ailleurs à cette catégorie de coureurs.